En général j’encaisse et continue. J’ai de par mon histoire, mon expérience de parlementaire et les valeurs de solidarité et d’universalité qui sont les miens, une profonde conviction que les droits de l’homme doivent être respectés à tout moment et que l’organisation administrative et policière d’un Etat comme la Belgique doit être contrôlé par le Ministre responsable et que le Parlement doit lui exercer un contrôle de ce Ministre et donc j’y tire assez d’énergie pour interpeller le Ministre de l’Intérieur. Aujourd’hui pourtant c’est plus dur que d’autres jours
La Belgique a à plusieurs reprises fait l’objet de critiques ou d’arrêts qui mettent en question le fonctionnement de l’office des étrangers, son manque de discernement et d’humanité. C’est comme si plutôt que d’affronter en face la question de l’immigration dans ce pays, les autorités gouvernementales laissaient le soin à l’administration de se « dépatouiller » et tant pis si cela se fait en dépit de la législation et au coût humain difficilement calculable.
En Commission de l’intérieur depuis presque 4 ans, je suis la parlementaire, de plus en plus solitaire, qui interroge inlassablement le Ministre de l’Intérieur, sur l’enfermement des illégaux et des enfants.. Faîtes le compte je l’ai interrogé sur l’extension de l’enfermement des enfants en centre fermé, sur l’arrêt de la cour de la Haye dans le cas de la petite Tabitha, 5 ans enfermée et renvoyée seule dans le pays d’origine de sa maman, sur l’enfermement puis la libération de la petite Manu, sur les Iraniens qu’on enferme et puis qu’on libère faute de pouvoir les expulser etc. etc. (tout cela se trouve sur le site de la Chambre www.lachambre.be). Cela énerve le Ministre, qui a décidé avec la complicité amicale du Président (socialiste) de la commission de ne plus répondre à mes questions que par des formules générales vides de contenu.
Aujourd’hui j’ai posé la question de savoir comment il était possible qu’un dame, enceinte de 5 mois d’un enfant dont le père est belge, peut se retrouver enfermée depuis 15 de jours alors que tout probablement si elle était restée en liberté sa situation administrative aurait pu se régler, puis que le mariage avec le père de l’enfant est prévu…donc je conteste entre les lignes le recours à la fois à l’expulsion et l’enfermement en centre fermé supposé n’être admis qu’en vue d’une expulsion.
Vous pouvez lire la réponse du Ministre sur le site ou m’envoyer un mail si vous souhaitez la recevoir , il me répond, je résume, que son administration respecte toutes les conditions légales pour procéder à l’enfermement des illégaux. Tout va bien selon le Ministre. Cela rend il service à qui que ce soit ? A l’administration qui n’est pas motivée à mieux fonctionner ? A notre système démocratique ? Aux étrangers ? Ces derniers subissent dans une certaine indifférence des traitements que l’on n’accepterait pas pour soi même.
Allez voir au Poche la pièce « La femme fantôme » vous auriez une petite idée de ce que beaucoup des personnes enfermées dans les centres fermés vivent et ressentent par rapport à leur situation, si difficile à comprendre quand on a eu la chance de naître « du bon côté » de la planète.
Dernière minute: j'ai appris ce soir que la dame a été remise en liberté ! Elle pourra retrouver son futur mari et regler sa situation administrative.